Zep, c’est le mec que j’aurais adoré être. Il a l’air sympa, il est plutôt beau gosse, il fait de la BD, il a du succès, il fait de la musique, il a largement moins du succès qu’avec la BD… Il a créé un personnage qui est devenu culte.
J’adore Titeuf, mais Zep ne se résume pas au blondinet à houpette (pas Tintin…). J’aime cette facette de Zep qui est la version plus «adulte». Lorsque je dis «adulte», ça ne veut pas dire qu’il pert son humour à deux balles, mais plutôt que les blagues sont plus dirigées pour un public adulte. J’ai aimé les Filles électriques, qui m’a replonger dans mes années lycées ; j’ai dévoré l’Enfer des Concerts qui me rappelle les virées concerts et tout le tintouin ; J’ai été captivé par Découpé en tranches qui donne un angle beaucoup plus personnel aux dessins de Philippe Chappuis (alias Zep).
Qu’en est-il lorsqu’il s’attaque au sexe ?
Il en ressort un livre super drôle, sans limite, mais qui ne part pas dans le trash. L’humour est le même, le style est le même. On dirait du Titeuf, vingt ans plus tard. On se demande quand même parfois quelle est la proportion autobiographique dans cette œuvre… !
Plongez-vous dedans et riez avec des tonnes de nichons, d’érections, de poils et d’autres trucs salaces.
par Hugh Laurie
1996 (2009 pour la version française)
Oui, c’est bien le même Hugh Laurie qui incarne le Dr House à l’écran. Oui, cet homme est multitâche et complètement doué. C’est un excellent comédien (il a vraiment percé mondialement avec House MD, mais il est ultra connu au Royaume-Uni depuis des lustres, notamment pour ses sketches télévisés avec Stephen Fry ou à ses rôles dans la Vipère noire), excellent musicien multi-instrumentiste et chanteur (voir ce qu’il fait avec Band From TV), réalisateur, producteur, il excelle aussi en tant que scénariste et romancier. Il faut savoir qu’il a caché son identité à l’éditeur jusqu’à la sortie de ce roman en 1996, pour ne pas que sa célébrité n’influence quoique ce soit. Il ne sort en France que maintenant, surtout grâce à la notoriété acquise avec House MD.
Parlons donc de ce polar. Le style est, comme on pourrait s’y attendre, direct, tranchant et sarcastique à souhait. On n’a aucun mal à comparer le personnage principal avec Laurie.
L’histoire est surprenante et pleine de rebondissement. On s’y perd parfois si on hache vraiment souvent sa lecture, mais on s’y retrouve au bout d’un moment.
La traduction est assez réussie, mais je conseille à ceux qui le peuvent de se plonger dans la version originale (pas très chère sur Amazon).
Pas grand chose à raconter d’autre sans dévoiler l’intrigue. Donc lisez ce livre si vous aimez House. Lisez-le même si vous n’aimez pas. Na.
Acheté un peu au hasard car j’aimais bien les graphismes en feuilletant, j’ai été agréablement surpris par cette BD. Effectivement, les dessins sont beaux et dynamiques, inspirés manga, et assez fluide. L’histoire est sympa et drôle, pas un grand scénario, mais un très bon divertissement. En tout cas, c’est largement mieux que le raté Hero Academy qui a à peu près le même sujet.
Le deuxième tome, Les Chevaliers qui ne font plus «ni» !, est un peu plus faible, mais est assez bon aussi. Dommage que le fil conducteur du premier épisode ne soit pas plus suivi.
Ça y est, j’ai fini l’autobiographie de Gordon Ramsay.
Je n’aime pas trop les biographies. Lire la vie des autres m’intéresse moyennement. En film, c’est pareil, à moins de ce concentrer sur des événements précis, sinon je trouve ça vite indigeste. Mais forcément, si c’est l’autobiographie d’une de mes idoles, je vais être un peu plus curieux (surtout si c’est un cadeau qu’on m’a fait).
Gordon Ramsay, chef écossais, autant connu pour son talent que pour sa verve fleurie, presque autant télévisé que Sarkozy (qu’en même pas) écrit sa biographie pour le Sunday Times puis le publie en 2006. Le propos non édulcoré, c’est presque avec plaisir qu’on le lit jurer comme dans la vraie vie (voir le florilège vidéo ci-dessous).
Le livre passe en revue toutes les époques de sa vie. De son enfance difficile dû à un père maltraitant, à sa pluie d’Étoiles au Michelin, en passant par ses débuts de footballeur brisés à cause d’un accident (du coup, il s’est concentré sur la Cuisine et tant mieux). On suit ce parcours hors norme qui l’a amené à se forger une force de caractère et une volonté à toute épreuve.
Il a été un des pionniers du renouveau de la Cuisine à la télé. Loin d’un Joël Robuchon (pour qui Gordon a travaillé dans ses jeunes années), il est passé du simple documentaire (Boiling Point) à la télé-réalité (Hell’s Kitchen, pas le meilleur de ce qu’il a fait) à du sauvetage de restaurants (Kitchen Nightmares, un régal, surtout lorsqu’il se prend le bec avec quelqu’un). Mais mon émission préférée reste The F Word (F pour Food, bien entendu…) ou il coache quatre candidats, qui n’ont rien de chefs, pendant un service dans un restaurant un peu spécial créé pour l’occasion, où les convives ne payent que s’ils ont aimé. Le tout est entrecoupé de recettes, de visite chez les producteurs (il est très à cheval sur la qualité et pour promouvoir le local et le terroir, mais mâtinés de modernité, cuisine du monde et de gastronomie) avec un ton novateur, ne serait-ce que la manière dont c’est filmé (voir vidéo ci-dessous).
Tout pour dire que son histoire m’a grandement intéressé, mais m’a tout de même rappelé que j’ai la volonté d’une huître et l’ambition d’un employé du mois chez McDo… de quoi déprimer franchement.
par Marion Bataille
2008
Pour Noël, je me suis offert un livre ! En fait, j’aime les pop-up books — les livres animés, avec des pliages pas possibles et des tirettes qui nous surprennent — bien que je n’en possède que peu. Je suis aussi fan de typographie. Alors, lorsque Teacher me parla de ce livre, je fus ravi.
Quelle bonne idée de lier les deux et de «pop-uppé» l’alphabet ! C’est ce à quoi Marion Bataille s’est attelée à faire, assez intelligemment je dois dire. C’est simple et efficace. J’aime surtout les duo OP/QR et V/W. Seul le Z me laisse sur ma faim (puisqu’il reprend le principe du N, dommage…), mais tout le reste est fortement plaisant.
Commençons cette nouvelle série de critiques de livres par une de mes idoles, en tant que pseudo-dessinateur, depuis des années : Maëster. S’il est des bd des plus usées dans ma bibliothèque, ce sont bien les siennes ; je les ai décortiquées dans tous les sens, redessiné des pages entières, fantasmé sur ses gounzesses aux poitrines généreuses, replacé ses calembours dans des conversations de la vie courante,…
Je ne pouvais donc pas rater la sortie du sixième tome de la bonne-sœur la plus impolitiquement correcte de la bd franco-belge. Premier constat, changement d’éditeur (de Fluide Glacial à Drugstore). Changement de format (pinaise ! ça ne rentre plus avec les autres…), mais, premier bémol, les planches semblent perdues au milieu de ces grandes pages. Deuxièmement, la qualité d’impression n’est pas terrible ni régulière. Le fait d’être passé à la couleur (pour la première fois) a dû poser quelques soucis techniques. À ce propos, qu’apporte la couleur ? Pas grand chose, c’est même plutôt troublant car tous les petits détails d’arrière-plan (marque de fabrique de Maëster) ressortent bien trop et nuisent à la lisibilité générale.
Laissons de côté la technique et passons à l’histoire elle-même (enfin aux histoires). Honnêtement, j’ai eu très peur à la lecture de la première histoire. Pourtant tout y est : les jeux de mots et calembours, les conneries cachées dans les cases, les baffes géantes et le franc-parler de Marie-Thé. Mais ça ne prend pas ; je n’ai pas l’impression d’y être ; je ne rigole pas comme un con. Mince… Maëster aurait-il perdu son mojo ? En fait, non ; le reste de l’album est bon (il va crescendo) et on s’y retrouve finalement.
Je pense surtout que le fait qu’il y ait eu 7 ans entre ce tome et le précédent (ainsi qu’entre ce dernier et l’antépénultième), Maëster a perdu de son rythme de travail. Il est connu pour bosser à la bourre, sous pression. Du coup, lorsque les premiers albums sortaient régulièrement au rythme des aux sorties de Fluide, ça bouillonnant, c’était vivant. Maintenant, il faut qu’il fasse chauffer la machine pour retrouver le niveau d’antan.
Un peu dommage, mais on est tout de même content de retrouver notre nonne préférée et on espère bien ne pas attendre sept ans de plus pour un nouvel opus.