No Impact Man

De Colin Beavan
2010
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Je fais parti de la génération qui aura connu l’arrivée du Sida, le 11 septembre 2001, le réchauffement climatique, et peut-être de la troisième guerre mondiale (je ne le souhaite pas, je constate).

Mais j’aurai surtout connu l’ultra-consumérisme. Le début de l’épuisement des ressources terrestres et de tout ce qui en résulte. Nous sommes trop nombreux pour continuer à consommer comme l’on fait depuis les années 50. Sans compter la course au high-tech, à laquelle j’ai participé pendant un temps ; je crois que c’est aujourd’hui révolu. No Impact Man tombe à point nommé.

C’est une réflexion d’un journaliste new-yorkais sur l’écologie, l’économie et tout le tintouin. Il n’est ni environnementaliste, ni écologiste ; il est juste conscient que le mode de fonctionnement de la société actuelle (occidentale en général, américaine en particulier) marche sur la tête et que si l’on continue comme cela, il ne donne pas cher de notre peau.

Attention, il n’est pas moralisateur, encore moins condescendant ; il ne fait que regarder ce qu’il peut faire à son échelle pour devenir « No Impact Man », sorte de super-héros de l’ordinaire qui génère autant de positif que de négatif pour que son bilan carbone (et écologique) soit au moins nul, avec la difficulté supplémentaire de vivre en plein Manhattan.

Il choisi d’y aller par palier pour voir comment sa famille (lui, sa femme et leur fille de 2 ans) peut trouver des alternatives plus propres et plus respectueuses de notre planète et de ses ressources. Générer moins de détritus, se déplacer sans énergie polluante, ne rien acheter de neuf, etc. Son intention n’est pas de devenir un modèle, mais de trouver sa « propre » place dans l’univers.

Il parle notamment de Story Of Stuff (dont j’avais déjà parlé), de politique, de la vie et finalement, de notre recherche du bonheur. Apparemment, on se serait tous planté là-dessus.

Ça donne espoir pour la suite et nous pousse à arrêter de nous moucher avec des arbres morts.

Très intéressant à lire. Le style est plutôt écrit sous forme de courtes colonnes que d’un livre d’un bloc. Du coup on peut facilement morceler la lecture. Pas de la grande littérature, mais assez simple à lire.

Nota bene : une équipe de tournage les a suivi et un documentaire est sorti, mais nettement moins complet que le livre.

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Humble Pie

Gordon Ramsay - Humble Pie par Gordon Ramsay
2006
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Ça y est, j’ai fini l’autobiographie de Gordon Ramsay.

Je n’aime pas trop les biographies. Lire la vie des autres m’intéresse moyennement. En film, c’est pareil, à moins de ce concentrer sur des événements précis, sinon je trouve ça vite indigeste. Mais forcément, si c’est l’autobiographie d’une de mes idoles, je vais être un peu plus curieux (surtout si c’est un cadeau qu’on m’a fait).

Gordon Ramsay, chef écossais, autant connu pour son talent que pour sa verve fleurie, presque autant télévisé que Sarkozy (qu’en même pas) écrit sa biographie pour le Sunday Times puis le publie en 2006. Le propos non édulcoré, c’est presque avec plaisir qu’on le lit jurer comme dans la vraie vie (voir le florilège vidéo ci-dessous).

Le livre passe en revue toutes les époques de sa vie. De son enfance difficile dû à un père maltraitant, à sa pluie d’Étoiles au Michelin, en passant par ses débuts de footballeur brisés à cause d’un accident (du coup, il s’est concentré sur la Cuisine et tant mieux). On suit ce parcours hors norme qui l’a amené à se forger une force de caractère et une volonté à toute épreuve.

Il a été un des pionniers du renouveau de la Cuisine à la télé. Loin d’un Joël Robuchon (pour qui Gordon a travaillé dans ses jeunes années), il est passé du simple documentaire (Boiling Point) à la télé-réalité (Hell’s Kitchen, pas le meilleur de ce qu’il a fait) à du sauvetage de restaurants (Kitchen Nightmares, un régal, surtout lorsqu’il se prend le bec avec quelqu’un). Mais mon émission préférée reste The F Word (F pour Food, bien entendu…) ou il coache quatre candidats, qui n’ont rien de chefs, pendant un service dans un restaurant un peu spécial créé pour l’occasion, où les convives ne payent que s’ils ont aimé. Le tout est entrecoupé de recettes, de visite chez les producteurs (il est très à cheval sur la qualité et pour promouvoir le local et le terroir, mais mâtinés de modernité, cuisine du monde et de gastronomie) avec un ton novateur, ne serait-ce que la manière dont c’est filmé (voir vidéo ci-dessous).

Tout pour dire que son histoire m’a grandement intéressé, mais m’a tout de même rappelé que j’ai la volonté d’une huître et l’ambition d’un employé du mois chez McDo… de quoi déprimer franchement.

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