Horror Picture Tea

Étonnant concept que ce salon de thé rock. Si vous allez au Bistro du 1er à partir de 14 heures, vous aurez le choix entre de pâtisseries de hautes voltiges accompagnées de boissons chaudes ou froides, sur fond sonore couillu (du moins pas trop mainstream) ou se faire un tatouer au sous-sol. Étonnant je disais.

Les pâtisseries

Elles sont à se damner. Religieuses au citron, éclairs de fous ou autres variations inattendues, elles valent le détour. Elles changent assez souvent pour ne pas prendre tout le temps la même chose (même si j’ai du mal à ne pas prendre la religieuse au citron à chaque fois qu’il y en a !).

Le rock

Apparemment, Guillaume Sanchez, le pâtissier et concepteur, est aussi chanteur dans un groupe de heavy metal à ses heures perdues, mais il a radoucit l’ambiance musicale pour ne pas faire fuir la clientèle (dommage qu’il n’y ait pas plus de testostérone de temps à autre…). Les petites têtes de mort, les expos aux murs et le salon de tatouage en disent long sur les influences du pâtissier… Il y a parfois des concerts, mais j’ai n’ai pas encore pu y jeter une oreille.

Oui, mais…

Je ne veux pas jouer mon français à critiquer toute nouveauté, mais je ne crois pas que ce concept puisse tenir longtemps comme cela et ce pour de multiples raisons :

  • Le lieu est mal identifié. On avait beau m’avoir donné l’adresse la première fois, le fait que ce soit écrit « Bistro du 1er » avant tout m’a fait douter ; du coup je n’y suis pas rentré.
  • Le manque d’ambiance. À part avoir vraiment envie d’un gâteau ou d’un tatouage, il n’y a pas vraiment de raison de venir jusqu’ici. La salle est froide et les serveurs différents serveurs que j’ai eu sont moyennement sympathiques (si une fois, une serveuse). Il n’y a rien qui vous indique qu’il faut venir commander au comptoir. Même pas d’ardoise au mur avec les pâtisseries du jour. La pâtisserie arrive bien seule sur une assiette désespérément blanche. Pas très rock n’roll…
  • Le salon de tatouage au sous-sol est le lieu le moins accueillant sur terre. Lorsqu’on descend les escaliers, on se sent épié et malvenu. Dommage, je voulais me faire tatouer un portrait de Britney Spears en sainte-vierge. En plus, on est obligé de passer par là pour simplement aller au toilettes (qui nécessitent eux aussi d’être plus accueillants…). En résumé, ça ne donne pas très envie de revenir.

Rien n’est avenant en fait. On se demande même si Guillaume Sanchez a envie que ça marche, puisqu’il y a des jours où il n’y a pas de pâtisseries (simplement « parce qu’il n’avait pas envie »). En tant que freelance, je peux comprendre cette non-envie, mais ça fait parti du métier de pâtissier d’assurer tous les jours. Ou alors il faut s’instaurer des jours de relâche.

Mon avis

Il faudrait reprendre légèrement le concept pour en faire une poule aux œufs d’or. Malheureusement, les pâtisseries ne font pas tout :

  • Trouver un subterfuge pour cacher les allusions au bistro pour l’après-midi.
  • Une vraie carte des thés et des choses plus originales que des Kusmi (aller chercher chez Teapigs ?). Quitte à faire de vrais plateaux de dégustation de thés (avec différents sucres, petits pots de miel et d’eau bouillante pour rallonger le thé, etc.).
  • Une ardoise des pâtisseries du jour (mise à jour en temps réel…).
  • De vrais serveurs sympathiques (rock n’roll et tatoués de partout pourquoi pas !) et faire sentir les badeaux accueillis. Et s’il n’y a toujours pas de service en salle, une mini ardoise qui l’indique, on n’est pas dans un pub anglais, les gens ne sont pas habitués à ce mode de fonctionnement.
  • Une belle vaisselle originale ou quelque présentation que ce soit pour ne pas avoir l’impression de recevoir une pâtisserie de cantine (sans aller jusqu’aux décos d’assiette à la Top Chef toutefois !).
  • Faire un vrai programme des soirées et concerts pour qu’on soit un minimum averti.
  • Faire de la vente à emporter (dans l’absolu) pour les pâtisseries. Après tout, je bosse dans le quartier et j’ai peut-être envie de rapporter à ma femme un gâteau un peu plus original qu’un provenant de chez Paul (non, je déconne ! Je ne lui offre jamais rien).

Je commence à être habitué aux nouveaux concepts de boutiques et restos (allant régulièrement à Londres), mais il manque ici une certaine touche. Ne désespérons pas, le tir peut vite être ajusté. J’attends de voir si ça s’améliore avant de le mettre dans le carnet d’adresses.

Horror Picture Tea
95, rue Saint-Honoré
75001 Paris
www.horrorpicturetea.com

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